Ce gouvernement est figé dans le passé : la croissance économique à tout prix, sans souveraineté économique.
Le gouvernement a beau se féliciter d’avoir réduit le déficit de 78 à 65 milliards de dollars, cette réduction tient bien moins à une saine gestion des finances publiques qu’au fait que le budget du 4 novembre 2025 a été déposé si tard dans l’année que près de 13 milliards de dollars n’ont pu être dépensés à temps, comme l’a expliqué l’ancien directeur parlementaire du budget Kevin Page. Dans l’ensemble, la Mise à jour économique du printemps (MEP) cherche à minimiser les risques financiers à long terme tout en multipliant les annonces grandioses sans le moindre détail.
La MEP affiche une complaisance qui détonne avec l’instabilité actuelle. Il est remarquablement imprudent de tenir pour acquis que « les attentes à long terme sur le prix du pétrole demeurent mieux ancrées » (p. 27). Le gouvernement présume que le prix du pétrole, cette année, sera supérieur de 15 $ le baril aux prévisions du budget de novembre 2025. Aucun autre économiste de l’énergie sur la planète ne se montre aussi optimiste.
Pour ce qui est des annonces grandioses, comme le nouveau « Fonds pour un Canada fort… le tout premier fonds souverain du Canada », ou le « Réseau électrique plus solide pour un Canada plus fort » (p. 79) annoncé depuis longtemps, aucun détail n’est fourni.
Les modalités du Fonds pour un Canada fort seront élaborées par le nouveau « Bureau de transition du Fonds pour un Canada fort », sans aucune échéance pour la livraison des résultats (p. 56). Il est clair que, contrairement au fonds souverain de la Norvège, alimenté par des milliards perçus en taxant les revenus pétroliers de la mer du Nord, le fonds canadien repose sur de l’argent emprunté. Tout indique qu’il s’agit d’une nouvelle mouture de la Banque de l’infrastructure du Canada, susceptible de devenir une autre source de subventions aux énergies fossiles.
Pendant ce temps, encore plus décevant, le réseau électrique est-ouest et nord-sud dont le pays a tant besoin se voit accorder cet engagement timide : « le gouvernement du Canada publiera prochainement un document de discussion » (p. 79).
De même, la seule mention du « renforcement des cibles climatiques » consiste à établir des « normes plus strictes en matière d’émissions des véhicules » concernant les gaz à effet de serre produits par les moteurs à combustion interne. La MEP ne fournit ni détails ni échéancier.
On n’y trouve aucune référence ni aucun plan visant à accroître la production d’énergies renouvelables solaire, éolienne, géothermique, hydroélectrique à petite échelle ou marémotrice. Aucun appui non plus à l’amélioration de l’efficacité énergétique. Seul le nucléaire se voit promettre un soutien gouvernemental considérable.
Pour ce qui est de tenir les promesses libérales en campagne électorale visant à réduire la dépendance du Canada envers les États-Unis, la MEP propose des graphiques et des tableaux trompeurs. À titre d’exemple, le graphique de la page 33, qui présente les exportations de pétrole brut vers des destinations autres que les États-Unis, pourrait laisser croire que des changements importants ont été accomplis. Or, les exportations de pétrole brut du Canada continuent de représenter environ 90 % de nos exportations totales. Le graphique 8 (p. 31) sur les exportations vers des destinations autres que les États-Unis est présenté en pourcentages plutôt qu’en chiffres absolus. Pour le lecteur non averti, cette présentation crée la fausse impression d’un virage majeur. Autre cas de représentation flagrante et trompeuse : la diminution des dépenses consacrées au stockage géologique du carbone est présentée comme une « recette » (p. 64). La nouvelle subvention accordée aux pétrolières, qui revient sur le traitement réservé à la récupération assistée du pétrole dans le budget du 4 novembre, est une subvention, et non une recette.
« Après des décennies passées à éplucher les documents du ministère des Finances du Canada, je n’ai jamais vu une MEP aussi déformée dans sa présentation », a déclaré la cheffe du PVC, Elizabeth May.
Le Parti vert s’est réjoui du financement consacré aux baleines en voie de disparition et aux athlètes canadiens. Le soutien aux Centres d’amitié autochtones est un soulagement, bien que les sommes prévues demeurent insuffisantes pour répondre aux besoins.
« Les projections budgétaires du gouvernement se font sur le dos d’une crise climatique qui s’aggrave », a souligné Mike Morrice, chef adjoint du Parti vert du Canada et candidat dans Kitchener-Centre.
La vision « Bâtir un Canada fort » de notre avenir économique repose sur la promotion de l’intelligence artificielle, des énergies fossiles, du nucléaire et l’édification de notre propre complexe militaro-industriel.
« Notre gouvernement laisse pour compte les jeunes qui aspirent à un avenir économique meilleur et les personnes aux prises avec la crise de l’abordabilité, pour servir plutôt les multinationales et la classe milliardaire », a affirmé Elizabeth May.
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