Le Parti vert du Canada demande au gouvernement fédéral de suspendre les plans visant à lancer cet été la construction de l’autoroute de la vallée du Mackenzie, avertissant qu’il s’agit d’un cadeau de plusieurs milliards de dollars aux industries minières et des combustibles fossiles, qui irait de l’avant à coups de bulldozer avant même que l’évaluation environnementale déjà en cours soit terminée.

« Le premier ministre s’est rendu à Yellowknife pour annoncer qu’il construira cet été une autoroute de 800 kilomètres. Ce faisant, il tente de faire avancer un projet majeur avant la fin de l’évaluation environnementale, contournant ainsi un processus conçu pour protéger le territoire, respecter les droits des peuples autochtones et protéger les personnes qui y vivent », a déclaré la cheffe du Parti vert, Elizabeth May.


L’Office d’examen des répercussions environnementales de la vallée du Mackenzie n’en est qu’à mi-parcours de son évaluation du premier tronçon de 281 kilomètres de l’autoroute, entre Wrigley et Norman Wells. Pour les 520 kilomètres restants, de Norman Wells à Inuvik, le processus d’examen n’a pas encore commencé.

Le premier ministre Carney a rejeté des décennies de planification et d’examen en les qualifiant de « série de faux départs et d’évaluations sans fin ». Pourtant, cet office d’examen existe parce que les peuples autochtones de la vallée du Mackenzie l’ont négocié dans le cadre de leurs revendications territoriales, et il est protégé par la loi fédérale. Le contourner au nom de la construction de la nation constituerait une trahison manifeste des engagements pris envers les peuples autochtones.

« On ne peut pas simplement sauter des étapes parce qu’on a décidé que le processus prenait trop de temps, a poursuivi Mme May. Cet office d’examen n’a pas été créé pour faire obstacle. Il a été créé parce que les peuples autochtones ont le droit d’avoir leur mot à dire sur ce qui se passe sur leur territoire. Si le premier ministre respecte ces droits, il devrait laisser le processus suivre son cours. »

Mme May a également souligné que le Canada dispose déjà d’une route vers l’Arctique de l’Ouest. La route Dempster relie Inuvik et Tuktoyaktuk au sud du Canada, mais elle se détériore rapidement. Le dégel du pergélisol causé par les changements climatiques entraîne l’affaissement et la fissuration de certains tronçons, tandis que les réparations exigent le transport de quantités massives de gravier sur des centaines de kilomètres le long de cette même route fragile.

« Si l’objectif est réellement la défense de l’Arctique, la route Dempster, qui est déjà gravement dégradée, devrait sûrement être réparée en priorité, a déclaré Mme May. Construire une toute nouvelle autoroute de 800 kilomètres sur un pergélisol en dégel tout en laissant s’effondrer la route arctique existante n’a aucun sens stratégique. »

L’estimation initiale du gouvernement, fixée à 1,65 milliard de dollars, augmentera presque certainement de façon spectaculaire, surtout si elle inclut un éventuel prolongement de 2 milliards de dollars jusqu’à Inuvik. ExxonMobil, Imperial Oil et Shell ont abandonné le projet gazier du Mackenzie il y a près de dix ans parce que le coût de construction d’un pipeline sur un terrain de pergélisol était trop élevé et que le faible prix du gaz de fracturation rendait le projet non rentable. Imperial Oil a annoncé en janvier qu’elle mettra fin cet été à ses activités à Norman Wells en raison de la baisse de la production, éliminant ainsi l’une des rares justifications économiques restantes pour cette route.

« Le principal employeur au bout de cette route plie bagage et s’en va, a déclaré Mme May. Les Canadiennes et les Canadiens ont le droit de savoir : dans l’intérêt de qui notre premier ministre agit-il? Ce sont les contribuables qui devront assumer la facture finale, qui pourrait être deux ou trois fois plus élevée que ce que promet le gouvernement, pour une route traversant l’un des terrains les plus difficiles de la planète, jusqu’à une ville qui perd son pilier économique. »

Le Parti vert demande au gouvernement fédéral de permettre à l’Office d’examen des répercussions environnementales de la vallée du Mackenzie de terminer son travail, de faire de la réparation de la route Dempster la priorité immédiate en matière d’infrastructures arctiques, et de fournir aux Canadiennes et aux Canadiens une évaluation honnête du coût réel de ce projet.

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