Le Parti vert du Canada demande au gouvernement fédéral de s’expliquer sans délai, à la suite d’informations confidentielles selon lesquelles Pêches et Océans Canada (MPO) serait en train de démanteler son programme national de planification intégrée des interventions maritimes (PIIM).
Le Parti vert a appris que ce programme spécialisé, qui constitue le cœur de la capacité opérationnelle du MPO en matière d’intervention lors de déversements d’hydrocarbures, serait aboli. Les mises à pied annoncées cette semaine laisseraient le Ministère pratiquement absent sur le terrain lors d’incidents de pollution marine, avec seulement quelques personnes du secteur des Sciences qui pourraient demeurer en poste pour assurer une partie d’un mandat qui couvrait jusqu’ici la préparation à l’échelle nationale et la coordination active des interventions.
« Lorsqu’un déversement de pétrole survient, la marge de manœuvre est très courte pour éviter une catastrophe environnementale », a déclaré la chef du Parti vert, Elizabeth May. « Le gouvernement prétend bâtir un système de sécurité maritime de calibre mondial. Or, en éliminant les spécialistes et les programmes responsables de la préparation sur l’eau, on laisse les communautés côtières et les écosystèmes totalement vulnérables. »
Si les catastrophes de grande ampleur retiennent souvent l’attention du public, le PIIM est essentiel pour gérer les déversements plus modestes, mais fréquents, qui surviennent régulièrement dans les eaux canadiennes. Ces incidents peuvent avoir un effet cumulatif dévastateur sur les habitats sensibles et sur les espèces en péril, notamment les oiseaux migrateurs et les mammifères marins. Historiquement, la contribution opérationnelle du MPO a fourni l’expertise scientifique et technique nécessaire pour protéger les baleines et d’autres espèces marines lors d’urgences environnementales. Selon le Parti vert, cette fonction disparaîtrait de fait avec le plan actuel. Par ailleurs, des programmes clés de gardiens de la mer autochtones seraient eux aussi abolis.
L’abolition rapportée de ce programme survient à un moment particulièrement préoccupant pour la sécurité des côtes. Le 27 novembre 2025, le gouvernement fédéral et la province de l’Alberta ont signé un protocole d’entente visant à faciliter la construction d’un immense oléoduc de bitume dilué jusqu’à la côte de la Colombie-Britannique. L’entente vise une capacité d’exportation d’au moins un million de barils par jour et évoque des exemptions possibles à des protections environnementales existantes, notamment à la Loi sur le moratoire relatif aux pétroliers, afin d’accélérer le projet.
« C’est une contradiction renversante », a ajouté Mme May. « On dit au public que de nouvelles infrastructures pétrolières ne posent pas de risque parce que nos systèmes d’intervention sont solides. Pendant ce temps, en coulisses, on sabre justement cette capacité opérationnelle. Ce n’est pas qu’un changement d’orientation. C’est un recul majeur de la responsabilité fédérale en matière de sécurité maritime. »
Le Parti vert exige que la ministre des Pêches et des Océans et le ministre des Transports rendent des comptes publiquement et en détail sur les changements apportés aux opérations d’intervention en cas de déversement en mer. Les Canadiennes et les Canadiens ont le droit de savoir comment le gouvernement compte respecter ses obligations légales de protection de la vie marine sans cette expertise opérationnelle spécialisée.
« Au fond, le soi-disant plan d’intervention maritime a toujours relevé davantage des relations publiques que de la protection des océans. Le bitume dilué ne peut pas être nettoyé dans un environnement marin agité comme celui de la côte pacifique. C’est pourquoi aucun trafic additionnel de pétroliers transportant du bitume dilué ne devrait être autorisé sur notre côte », a conclu Mme May.
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