Justin Trudeau admet qu’il n’a jamais eu l’intention de tenir compte des preuves relatives à la réforme électorale

Justin Trudeau admet qu’il n’a jamais eu l’intention de tenir compte des preuves relatives à la réforme électorale

(OTTAWA) Le premier ministre Justin Trudeau a avoué aujourd’hui, au cours d’un point de presse, qu’il n’a jamais eu l’intention de tenir compte des constatations du Comité spécial sur la réforme électorale (CSRÉ) – sauf si elles avaient été dans le sens de son système électoral privilégié : le mode de scrutin préférentiel.

« Ce ne sont pas les libéraux qui souhaitent un mode de scrutin préférentiel, c’est Justin Trudeau, a affirmé Elizabeth May, cheffe du Parti vert du Canada et députée de Saanich-Gulf Islands. Je croyais pourtant que ce premier ministre était opposé à une dictature qui vient d’en haut. Dans d’autres enjeux, le premier ministre s’en remet aux membres de son cabinet, mais il est évident que pour ce qui est de la réforme électorale, il s’agit de sa préférence personnelle et il n’a que faire des preuves.

« Quiconque examine le rapport dissident libéral du Comité spécial sur la réforme électorale constatera qu’il n’y est aucunement mention du mode de scrutin préférentiel comme premier choix. Au contraire, à la notre rapport majoritaire, on peut y lire des preuves que le seul système électoral qui déforme davantage l’intention des électeurs et est plus répréhensible que le mode de scrutin majoritaire uninominal est le mode de scrutin préférentiel, a martelé Madame May.

« L’un des témoignages les plus persuasifs entendus par le Comité a été celui du professeur Arendt Lijphart, professeur émérite de l’Université de la Californie à San Diego. Les 36 démocraties modernes qu’il a étudiées pendant de nombreuses années lui ont permis de conclure de façon empirique que la représentation proportionnelle sert beaucoup mieux les citoyens que les systèmes majoritaires comme le mode de scrutin majoritaire uninominal ou le mode de scrutin préférentiel.

« L’ouvrage précurseur de M. Lijphart, Patterns of Democracy, démontre clairement comment les démocraties qui ont adopté un système électoral à représentation proportionnelle enregistrent des taux de participation plus élevés, élisent davantage de femmes, jouissent d’une plus grande diversité ethnique, élisent des gouvernements aussi stables ou légèrement plus stables, affichent une performance macroéconomique supérieure et prennent des mesures de protection de l’environnement plus efficaces », a ajouté Madame May.

Voici des passages de témoignages d’experts entendus par le CSRÉ :

  • Le professeur Brian Tanguay, Université Wilfrid Laurier, auteur de Voting Counts: Electoral Reform for Canada : « Même si (le mode de scrutin préférentiel) donne plus de choix aux électeurs, il semble reproduire tous les problèmes que nous pouvons constater avec le mode de scrutin majoritaire uninominal ».

  • Le professeur Byron Weber Becker, Université de Waterloo : « Si toutes les circonscriptions adoptaient le mode de scrutin préférentiel, le système dans son ensemble deviendrait très disproportionné, et c'est tout le Canada qui en souffrirait ».

« Il n’est pas étonnant que plus du tiers des Canadiens ne votent plus, car c’est bien connu qu’avec notre système électoral imparfait, le vote d’un électeur ne compte que très rarement à moins qu’il ne vote pour l’un des deux principaux partis, a réagi Bruce Hyer, chef-adjoint du PVC et porte-parole en matière de réforme électorale. J’ai toujours su que Justin Trudeau n’était pas sincèrement intéressé à modifier notre système électoral, et qu’il savait que le mode de scrutin préférentiel serait encore plus avantageux pour les libéraux que notre système désuet et anti-démocratique actuel.

« Le premier ministre Trudeau a trompé les nombreux électeurs indépendants ou qui appuient d’autres partis qui ont cru en sa sincérité et ont voté pour le Parti libéral dans l'espoir qu’il procède à une véritable réforme électorale. Ils ont cru que le gouvernement Trudeau favoriserait un système proportionnel quelconque qui accorderait, disons, 39 % des sièges au Parlement à un parti qui recevrait 39 % des votes à l’échelle nationale, comme c’est le cas dans plus de 90 % des démocraties les plus avancées du monde. On voit aujourd’hui que les promesses électorales de Justin Trudeau n’étaient rien de plus que des promesses vides. »

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