Quatrième partie : Les gens

La ressource la plus importante d’un pays, c’est sa population. Pour atteindre leur plein potentiel, les citoyens ont besoin d’un environnement dans lequel ils peuvent s’épanouir en tant que jeunes et prendre de la maturité de façon sécuritaire et sainement tout en étant encouragés à participer à la vie en société.

Le Canada s’est façonné grâce à diverses cultures, religions et nationalités. Le succès de notre pays se fonde sur notre capacité à non seulement tolérer cette diversité, mais à la célébrer.

L’ensemble des valeurs de la charte mondiale des verts résume bien ce cadre qui est essentiellement la définition du respect. Ce respect envers chaque être humain est décrit dans la déclaration sur les droits de la personne des Nations Unies, les accords spécifiques ultérieurs et la Charte canadienne des droits. Ces accords reconnaissent l’égalité comme un aspect important pour tous les individus ainsi que le droit à la liberté de parole, le droit à la libre association et le droit à la satisfaction des besoins fondamentaux. La grandeur d’un pays, dit-on, s’exprime le mieux par la façon dont il prend soin des plus vulnérables de ses citoyens.

Les droits s’accompagnent de responsabilités pour l’individu mais aussi pour sa communauté, et de la défense et la protection de ces droits à l’échelle du pays. La violation de droits partout dans le monde a des répercussions sur notre propre sécurité et notre dignité en tant qu’être humain.

Nous avons par le passé fait des efforts considérables en tant que pays, mais beaucoup reste à faire. La tendance actuelle où la société civile est mise à mal et où nait la méfiance des uns envers les autres rendra de plus en plus difficile la vie selon nos valeurs de paix, de primauté du droit, de bien commun et de chef de file dans la communauté des nations.

Dès que nous sommes en mesure d’imaginer la société que nous voulons, nous apercevons clairement ses contours.

Des collectivités dynamiques sont des endroits où, comme l’a écrit Jane Jacobs, les gens connaissent leurs voisins, leurs rues sont sécuritaires et il est commun que les gens fassent du bénévolat pour le bien collectif, ce qui engendre des sentiments d’affiliation, d’appartenance et de prise en charge. Les réseaux sociaux sont essentiels à la résilience communautaire.

Sans vouloir le faire, la politique gouvernementale, en traitant ces objectifs en marge de la croissance économique, a permis à des sentiments d’aliénation, d’hostilité et d’égoïsme d’évincer les valeurs communes transmises au fil des années.

Comme le disait Martin Luther King Jr., on ne peut pas légiférer la moralité. Pourtant, lorsque le volet humain est ignoré par la politique gouvernementale, lorsque le régime fiscal, les stratégies d’emploi et les politiques en matière de travail tendent à limiter les temps libres et en famille, à augmenter les temps de déplacement et à multiplier les situations où la population se sent « pressée par le temps » – selon les analyses réalisées par Statistiques Canada –, la politique gouvernementale doit revoir ses objectifs en vue de rééquilibrer et de protéger les piliers fondamentaux de notre civilisation – la famille et la collectivité.

Au cours des dernières années, la qualité de vie des Canadiennes et des Canadiens, mesurée à l’aune de notre capacité à réussir et à disposer de davantage de temps libres, a connu une baisse pour 90 pour cent. Les problèmes d’itinérance, de santé mentale et de dépendance aux drogues ont tous augmenté. Les coûts liés à l’éducation et à la formation postsecondaires sont montés en flèche. Le fossé entre riches et pauvres au Canada s’est accentué. Les femmes, en moyenne, gagnent toujours beaucoup moins que les hommes. La classe moyenne s’embourbe. Étant donné la richesse et les ressources de notre pays, c’est une tragédie.