5.2 Abolissons la pauvreté

L'état de santé actuel de notre planète et de l'équité qui s'y pratique n’est guère encourageant. Malgré des années de paroles creuses et de promesses non tenues, malgré des progrès réels dans le domaine du développement, le nombre de personnes vivant dans un dénuement absolu (défini comme vivre avec moins de deux dollars américains par jour) atteint maintenant près de la moitié de la population mondiale. Le nombre de personnes qui subsistent avec la moitié de cette somme s'élève aujourd'hui à 1,2 milliard.

La pauvreté tue. Jusqu’à 50 000 personnes meurent tous les jours de causes liées à la pauvreté. Les enfants de moins de cinq ans sont les plus vulnérables; toutes les trois secondes, un enfant meurt dans la pauvreté la plus abjecte.

Les Canadiennes et les Canadiens ont répondu présents lorsque le monde leur a demandé de participer au mouvement Abolissons la pauvreté. En 1992, lors du Sommet de la Terre à Rio, le Canada a renouvelé son engagement d'augmenter son aide publique au développement (APD) jusqu'à 0,7 pour cent de notre produit intérieur brut (PIB). Cet engagement représentait l'objectif défini par le Canada trente ans plus tôt. En 1992, l'APD du Canada s'élevait à 0,45 pour cent du PIB. Lors du « programme de réduction des dépenses », l'ère de réduction du déficit budgétaire des libéraux de Chrétien, l'APD avait chuté à 0,25 pour cent du PIB à l’exercice financier (EF) 2000-2001. Par la suite, en 2002, Chrétien a établi un objectif de progression annuelle de 8 pour cent de l'APD. Pourtant, lorsque le gouvernement Harper est arrivé au pouvoir, le Canada était toujours en deçà des montants de 1992.

Si l’on en croit les annonces faites en 2009, l’APD pourrait augmenter, mais la transparence fait cruellement défaut. Il est cependant évident que, sous le gouvernement Harper, les priorités de développement ont changé, beaucoup plus qu'on aurait pu s'y attendre, toujours sous l’influence de priorités stratégiques sans lien avec le développement. En effet, le plus important récipiendaire de l’aide canadienne en ce moment est la Tanzanie.

La politisation entourant le financement des organismes d’aide est encore plus dérangeante. Les organisations qui ont un excellent bilan dans la stratégie de réduction de la pauvreté ont été ciblées, leur financement ayant été retiré par le gouvernement Harper. Les fonds pour des groupes comme Planned Parenthood (limitation volontaire des naissances), MATCH et KAIROS (Initiatives canadiennes œcuméniques pour la justice) ont été retirés. De même, le Conseil canadien pour la coopération internationale, le groupe responsable de coordonner les ONG de développement canadiennes, s’est vu retirer son soutien financier par le gouvernement fédéral. Des attaques idéologiques faites sur de bonnes organisations parce qu’elles militent pour l’accès à l’avortement, les droits des femmes, des mesures pour contrer le réchauffement climatique ou la justice sociale sont tout autant d’attaques à la réputation du Canada à l’échelle internationale.

Le Parti vert croit que ces ONG de développement au Canada qui ont des programmes cohérents, fondés sur des données factuelles, efficaces et fiables méritent le respect et un traitement équitable.

Entre temps, nous travaillerons sans relâche pour que le Canada respecte son engagement d’affecter 0,7 pour cent du PIB à l’Aide publique au développement et atteigne les objectifs du Millénaire pour le développement. En offrant bien moins qu’un centième de notre PIB, nous pouvons contribuer à atteindre le but le plus fondamental de tous : éliminer la pauvreté, réduire et traiter les maladies, promouvoir la démocratie et soutenir des économies vertes durables.

Nous nous assurerons que nos engagements visant à fournir des agents rétroviraux à l'Afrique pour traiter le VIH/sida sont respectés, et que l'Afrique demeure au centre de nos priorités de développement. Ainsi, nous soutiendrons les plans africains d'adaptation aux retombées de plus en plus délétères du changement climatique en Afrique.

« J'ai dit il y a quelques mois que nous étions "comme des somnambules marchant vers le gouffre". La réalité est bien pire : nous sommes endormis aux commandes d'un avion supersonique. Si nous ne nous réveillons pas, si nous ne nous ressaisissons pas, nous savons comment cela finira. »

Kofi Annan, ancien secrétaire des Nations Unies, 28 novembre 2006

Les députés verts :

  • Rétabliront le statut de l’ACDI en tant qu’organisme indépendant du gouvernement du Canada.

  • Mettront l’accent sur la réforme des mécanismes d'exécution de l'APD, tout en augmentant le pourcentage alloué de manière responsable et constante pour parvenir à respecter l'objectif de 0,7 pour cent du PIB établi par les Nations Unies à l’intérieur de dix ans.

  • Réorienteront l'ACDI vers le développement d'économies vertes axées sur les collectivités, vers la lutte contre la pauvreté et vers des programmes de lutte contre le changement climatique et d’adaptation à ses impacts, notamment par un renforcement de la Direction générale du partenariat pour acheminer l'APD à bon port.

  • Respecteront nos engagements visant à fournir des agents rétroviraux à l'Afrique pour traiter le VIH/sida.

  • Exhorteront les ambassades et les consulats canadiens du monde entier à développer des capacités adéquates en termes de reconnaissance et d’évaluation rapide en cas d’urgence, en vue d’accélérer les délais d’intervention du Canada.

  • Après un désastre naturel, s’opposeront au recours à la responsabilité de protéger des Nations Unies comme solution militaire plutôt que diplomatique pour obliger des nations à accepter des secours d’urgence, une approche qui peut être improductive.

  • Rétabliront le financement aux organismes Initiatives canadiennes œcuméniques pour la justice (KAIROS), Centre Catholique Internationale de coopération avec l'UNESCO (CCIC), MATCH et Planned Parenthood (contrôle volontaire des naissances).