5.5 Réforme des Nations Unies

Les Nations Unies (ONU) se sont agrandies depuis leur création par 50 pays en 1945; elles comptent aujourd'hui 192 membres, et c'est la seule organisation internationale qui regroupe presque tous les pays du monde. L'ONU a envoyé 63 missions de maintien de la paix dans des zones de conflit, et elle est parvenue à une solution pacifique pour au moins 175 litiges internationaux. Malheureusement, l'ONU a traversé une « crise de crédibilité » en 2003, lorsque le Conseil de sécurité a été divisé quant au bien-fondé de l'usage de la force en Iraq pour évincer Saddam Hussein. De toute évidence, l'intervention de l'armée des États-Unis en Iraq était illégale. D'autre part, l'ONU n'est pas parvenue à prévenir les génocides, notamment au Rwanda.

Le Parti vert soutient le rôle de l'ONU dans ses interventions diplomatiques et ses opérations de maintien de la paix, y compris les interventions dans le cadre de sa « responsabilité de protéger » les personnes dans les situations où les états ne protègent pas leurs ressortissants, comme au Darfour.

Le Canada peut et doit accroître son engagement dans l'ONU, et l'ONU doit entreprendre des réformes substantielles pour se donner une plus grande efficacité, particulièrement au sein du Conseil de sécurité. Les droits de veto du Conseil de sécurité de l'ONU doivent être revus à la lumière du nouvel ordre du monde de l’après-guerre froide. Le Conseil de sécurité doit établir un meilleur équilibre entre le Nord et le Sud en son sein.

Les députés verts :

  • Augmenteront nos engagements de ressources, avec notamment des fonds supplémentaires alloués aux Nations Unies pour le maintien de la paix ainsi que l'entraînement et l'équipement des soldats nécessaires.

  • Soutiendront la réforme démocratique du Conseil de sécurité de l'ONU dans le sens d'une représentation plus équilibrée du Nord et du Sud, de la prise de positions justes de la part de l’Assemblée générale, notamment vis-à-vis d'Israël, et de la suppression du droit de veto.

  • Réorganiseront d'autres puissantes institutions multilatérales – l'Organisation mondiale du commerce (OMC), le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale –, les placeront sous l'autorité de l'Assemblée générale de l'ONU, et amorceront un virage du commerce international, du « libre échange » vers le « commerce équitable », avec pour priorités, dans le monde entier, la protection des droits de la personne, la protection des travailleuses et des travailleurs, la diversité culturelle et la préservation des écosystèmes.

  • Militeront pour faire du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) une organisation financée par les Nations Unies, au lieu de la situation actuelle où le PNUE est financé par des dons des pays membres. Ils élargiront la mission du PNUE pour y adjoindre la supervision de tous les traités environnementaux multilatéraux, tout comme l'OMC supervise les accords commerciaux au sein de l’Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT).

  • Lanceront un débat international sur le principe d'une ONU bicamérale avec d'une part l'Assemblée générale composée des représentants des pays membres, et d'autre part une Assemblée des peuples à l'image du Parlement européen, avec un mode de scrutin direct, pour représenter les peuples du monde.