Sixième partie : Bon gouvernement

« Le Parlement peut difficilement être plus affaibli qu’il ne l’est déjà. Stephen Harper ne peut pas vraiment aller plus loin sans rendre cette institution inefficace. Il tente d’avoir la mainmise sur chaque aspect des activités de la Chambre des communes. En fait, il faudra que quelqu’un rétablisse le fonctionnement de cette institution si nous voulons une démocratie. »

L’honorable Peter Milliken, ancien président de la Chambre des communes (Michael Harris, Party of One)

Les Canadiens et les Canadiennes sont de plus en plus méfiants à l’endroit des politiciens et des gouvernements. Et pour cause. Le respect fondamental qui doit être affiché envers les citoyens a cédé la place aux tactiques et aux stratégies pour gagner des votes. Les publicités négatives en période électorale sont chose courante en période préélectorale. Le discours public est contaminé par une partisanerie de bas étage. La chute du taux de vote est moins un signe d’apathie que de celui d’un profond dégout pour la chose électorale. Les Canadiens et les Canadiennes doivent se rendre compte que la seule façon de rétablir notre démocratie est d’exercer notre droit de vote et de voter pour ceux qui respectent la démocratie.

Le gouvernement Harper, porté au pouvoir en 2006 en raison du scandale des commandites des libéraux, est lui-même entaché par de nombreux scandales. Les promesses de Stephen Harper d’être transparent et de rendre des comptes ont été piétinées par des scandales bien plus graves que ceux qui ont entaché les libéraux.

Stephen Harper et son parti sont impliqués dans une série de scandales. Que ce soit la violation des lois sur les dépenses électorales (transferts frauduleux) aux fautes graves de sénateurs conservateurs et de leur tentative de cacher les sommes d’argent en question avec le présumé remboursement du chef de cabinet du premier ministre, le gouvernement Harper a montré un mépris des promesses qui l’ont porté au pouvoir. Même si les scandales avec sommes d’argent attirent le plus l’attention des médias, d’autres abus de pouvoir sont bien plus sérieux.

Mais c’est le mépris du premier ministre envers le Parlement et les institutions de notre démocratie parlementaire qui sont les plus inquiétants. Nous devons connaître les grands principes au cœur de nos institutions démocratiques et intervenir pour les faire respecter.

Le travail du député consiste à représenter les citoyens et citoyennes de sa circonscription et non pas son parti. Tous les députés sont égaux, même le premier ministre. Le premier ministre a des comptes à rendre au Parlement et non l’inverse. Enfin, c’est le Parlement, et lui seul, qui a la mainmise sur le Trésor public.

Les gens sont également désabusés de l’allégeance des députés à leur parti plutôt qu’à leurs électrices et à leurs électeurs, de l’incompétence et du gaspillage du gouvernement, et de l’incapacité du gouvernement de résoudre les principaux problèmes comme la crise climatique. En outre, notre système de scrutin est désuet, avec pour résultat que les suffrages exprimés ne correspondent pas aux députés élus, laissant ainsi une grande partie de l’électorat sans aucune représentation au Parlement. Bon nombre de citoyennes et de citoyens, notamment les jeunes, sont tellement frustrés de constater que « nos votes ne comptent pas » qu’ils ne prennent même plus la peine de voter.

Lorsque notre gouvernement fonctionne bien, il représente chacune et chacun d’entre nous et nous rassemble pour réaliser notre plein potentiel, que nous ne pourrions réaliser seuls. Notre parlement doit être un exemple de prééminence politique et de coopération, œuvrant dans l’intérêt de toutes les Canadiennes et de tous les Canadiens. Il doit aborder les principales questions de façon créative et constructive et dépenser l’argent des contribuables de façon plus judicieuse. Le système électoral qui sert à élire les députés doit être juste et faire en sorte que les partis politiques reçoivent la part des sièges du Parlement qui correspond à la part de suffrages exprimés en leur faveur. Les Canadiennes et les Canadiens doivent pouvoir être fiers de leur gouvernement et être convaincus qu’il agit dans leur intérêt supérieur.