3.3 Les parcs nationaux

L'achèvement du réseau des parcs nationaux et la création de zones de protection marines suffisantes pour protéger les écosystèmes marins demeurent un objectif et non une réalité malgré des décennies de promesses.  Des zones écologiques clés sont toujours attaquées. Le Comité du patrimoine mondial de l'UNESCO a averti le Canada que nous permettons l'érosion dangereuse des parcs existants qui sont désignés sites du patrimoine mondial, particulièrement les parcs nationaux Banff, Jasper, Kootenay et Yoho, ainsi que plusieurs réserves provinciales. Le Comité de l'UNESCO a souligné le risque d' " impacts négatifs de l'exploitation de la mine Cheviot sur l'intégrité " de Jasper en particulier. L'impact du barrage du lieu C sur l'habitat dans le parc national Wood Buffalo constitue une préoccupation majeure.

L'UNESCO mentionne également que le Canada n'en fait pas assez pour s'assurer que " les diverses activités d'exploration minière, minérale, pétrolière et gazière " autour du parc national Nahanni, situé dans la partie sud-ouest des Territoires du Nord-Ouest, ne puissent éroder l'intégrité écologique du parc. Seulement 10% du paysage du Canada a été protégé.

La Loi sur le parc national de l'Île de Sable de 2013 fut le coup le plus sérieux porté à l'intégrité de notre réseau de parcs nationaux. Cette île emblématique de la Nouvelle-Écosse est célèbre pour ses dunes et ses poneys sauvages. Le Parti vert est le seul parti à s'opposer à la création d'un parc national permettant des essais sismiques à l'intérieur du parc ainsi que les forages pétroliers et gaziers dirigés sous celui-ci. La loi sur le parc national de l'Île de Sable fait de l'Office Canada-Nouvelle-Écosse des hydrocarbures extracôtiers (OCNEHE) l'organisme de réglementation principal. L'OCNEHE n'a qu'à informer Parcs Canada des activités pétrolières et gazières à l'intérieur du parc. Il n'est même pas obligé de le consulter. L'administration Trudeau n'a pas tenu compte des dommages causés par le gouvernement précédent, avec l'appui total du NPD fédéral et du gouvernement néo-démocrate de la Nouvelle-Écosse de l'époque.
 
Oui, les Canadiennes et les Canadiens ont ces projets à cœur. Des sondages ont révélé que 90 pour cent des Canadiennes et des Canadiens considèrent le temps passé dans la nature pendant leur enfance comme très important; 85 pour cent d'entre eux participent régulièrement à des activités de plein air; 98 pour cent déclarent que la nature est indispensable à la survie humaine.

Nous sommes déterminés à opérer un virage pour renverser la tendance décevante observée récemment dans les actions du gouvernement fédéral, qui fait peu de cas de la protection des parcs, et à prendre des mesures fermes et résolues au service de la protection des parcs existants et de l'expansion de nos parcs marins et terrestres. Nous devons créer rapidement des parcs marins « à pêche et chasse interdite », car c'est maintenant notre seule chance de préserver de vastes étendues de côtes en grave danger, victimes de la surpêche.

Les députés verts :

  • Rétabliront le financement à Parcs Canada pour que des projets scientifiques soient de nouveau menés dans nos parcs nationaux.

  • Amenderont la législation sur le parc national de l’Île-de-Sable pour enlever toute autorité sur ce parc à l'Office Canada-Nouvelle-Écosse des hydrocarbures extracôtiers et réaffirmer que les activités industrielles n’ont pas leur place dans nos parcs nationaux.

  • Mettront en application les anciennes politiques qui ferment la porte au secteur privé et aux activités à but lucratif dans les parcs nationaux.

  • Réinstaureront l'engagement de création d'un réseau de parcs nationaux représentatif des écosystèmes terrestres et marins du Canada d’ici 2030, avec les priorités suivantes :

    • L'accélération de la création d’aires marines protégées « à chasse et pêche interdites »; une consultation avec les secteurs et les collectivités concernés par la pêche sera essentielle, comme l'expérience l'a montré en Nouvelle-Zélande et dans d'autres pays où l'instauration de zones « à chasse et pêche interdites » a été bénéfique aux pêcheries économiquement viables.

    • L'expansion, en partenariat avec les provinces, les territoires et les peuples autochtones, du réseau d’aires terrestres, marines et d'eau douce protégées du Canada et leur association aux aires protégées provinciales et territoriales dans la mesure du possible, ainsi que la création de zones tampons à utilisation mixte autour des parcs nationaux pour la préservation de la biodiversité et de l'écosystème.

    • L’octroi à Parcs Canada du financement nécessaire pour la protection de l'intégrité écologique des parcs nationaux du Canada.

  • Et l’atteinte de nos engagements internationaux sur la biodiversité :

    • Garantiront que le financement fédéral sera suffisant pour atteindre l’objectif Aichi, soit de protéger 17 pour cent de nos terres et de nos eaux intérieures, ainsi que 10 pour cent de nos zones côtières d’ici 2020.

    • Établiront un budget annuel de 500 millions de dollars pour la création du réseau des parcs nationaux, afin d'atteindre l'objectif de création du réseau de parcs nationaux et d’aires marines protégées d’ici 2030.

    • Mettront en œuvre les recommandations des experts en protection de la nature afin de protéger :

  1. Les habitats sévèrement menacés.

  2. Les espèces clés, les espèces menacées et les espèces à valeur commerciale ou culturelle, notamment celles qui ont de la valeur pour les Premières nations.

  3. Les habitats directement menacés par le réchauffement climatique.

  4. Les habitats continus interconnectés des grands migrateurs, sur une surface suffisante pour maintenir des populations viables.

  • Militeront pour l'achat de terrains privés, partout où c'est nécessaire, afin de protéger les habitats critiques, notamment ceux des espèces menacées.

  • Accroîtront les mécanismes de contrôle et de protection, en augmentant notamment le nombre de gardes forestiers et de guides-interprètes pour sensibiliser les Canadiennes, les Canadiens et les visiteurs à l'immense beauté et à la valeur inestimable de nos parcs nationaux.

  • Travailleront de concert avec les gouvernements des provinces et des territoires pour interdire la chasse aux animaux sauvages ou domestiques pour la gloire au Canada, mais continuera à autoriser la chasse d’animaux sauvages à des fins de subsistance par les autochtones et les non autochtones, à condition que ces espèces ne soient pas menacées ou en voie de disparition.