3.4 Les espèces menacées

Dans le monde entier, des espèces disparaissent à une vitesse vertigineuse. Le riche patrimoine d'espèces sauvages du Canada est en voie de disparition. Si la Loi sur les espèces en péril (LEP) votée en 2003 a quelques aspects positifs, d'une manière générale, elle ne permet pas de protéger les espèces menacées du Canada. Elle prévoit une protection de base réservée aux espèces vivant en territoire fédéral, soit cinq pour cent de la superficie du Canada. Elle donne au gouvernement fédéral plutôt qu'aux experts du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) le pouvoir de décider des espèces à inclure dans la « liste des espèces menacées ». D'autre part, les plans de protection et de restauration des habitats sont entièrement volontaires.

La liste officielle des espèces menacées devient de plus en plus politique et de moins en moins scientifique. Le saumon rouge du lac Cultus ne figure pas sur la liste, car cela aurait « un impact socio-économique important sur les pêcheurs du saumon rouge et les collectivités côtières ». Huit espèces aquatiques recommandées par le COSEPAC n'ont pas été inscrites sur la liste du gouvernement fédéral en 2006. L’ancien ministre des Pêches, Loyola Hearn, a déclaré que ces espèces n'avaient pas été inscrites pour éviter « des retombées négatives sur l’industrie des pêches ».

Au cours de ces dernières années, en dépit des grands discours sur les « filets de sécurité », le gouvernement fédéral a refusé d'édicter des ordres d'urgence pour protéger les habitats critiques se trouvant hors des territoires fédéraux. Ottawa n'a rien fait lorsque le gouvernement de Colombie-Britannique a autorisé des exploitations forestières dans les habitats de la chouette tachetée, condamnant ainsi à l'extinction les derniers couples subsistant au Canada.

Les verts savent que la préservation de la biodiversité constitue le fondement d'un environnement sain. Pour y parvenir, nous devons renforcer la LEP pour en faire un outil efficace de protection des espèces menacées et de leurs habitats dans tout le Canada, autrement dit dans toutes les terres fédérales, provinciales, territoriales, privées ou appartenant aux Premières nations. Nous envisageons une loi qui prévoit les pouvoirs nécessaires à l'application des mesures prescrites pour la protection des espèces protégées et au respect de la loi. Nous voulons que les experts du COSEPAC aient le pouvoir de désigner les espèces menacées sans que leurs recommandations soient soumises à l'accord du gouvernement fédéral, car ce système sape considérablement le pouvoir du COSEPAC et son pouvoir de protection des espèces menacées.

Les députés verts amenderont la LEP de façon à :

  • S'assurer que la liste visée par la LEP est fondée sur des procédures scientifiques, et non pas sur des manœuvres politiques. La liste officielle reprendra les espèces désignées par le COSEPAC. Les recommandations de COSEPAC ne seront plus soumises à l'accord du gouvernement fédéral.

  • S'assurer que les efforts de restauration planifiés identifient puis gèrent efficacement, protègent et restaurent les habitats requis pour la reconstitution des populations menacées, par une collaboration et des concertations entre les intervenants, les propriétaires terriens, les provinces et les territoires, les municipalités et les gouvernements autochtones et des Premières nations.

  • Consacrer 40 $ millions par année pendant cinq ans pour renouveler le financement fédéral de la mise en œuvre des mesures touchant les espèces en péril (devrait prendre fin en mars 2015).

  • Criminaliser l'acte de tuer, avec intention coupable, un membre d’une espèce désignée, et ce, que l'acte ait lieu sur des terres fédérales, provinciales ou territoriales.

  • Cerner les zones d’importance écologique et élaborer un plan d’action pour la biodiversité pour le Canada en collaboration avec les provinces et les territoires, afin de créer et de protéger des trajets de passage de la faune par le truchement de plans de gestion de l’aménagement du territoire à l’échelle régionale et provinciale.