1.3 Meilleure comptabilisation du bien-être de la nation

Selon certains, l’économie canadienne se porte très bien. Cependant, la prospérité nationale va au-delà du simple échange de dollars. Le produit intérieur brut (PIB) – le résultat net national – est une mesure de l’argent qui change de mains, sans égard à la réduction des inégalités sociales, à l’avancement de la durabilité ou à la sauvegarde de notre capital naturel de ressources primaires telles que les populations de poissons sauvages, les forêts naturelles et les sols fertiles. Les déversements de pétrole et les coûts de nettoyage augmentent en fait le PIB local, comme l’affichait fièrement Kinder-Morgan dans sa demande à l’Office national de l’énergie lorsqu’elle soulignait maladroitement les bons côtés d’un désastre. La plupart des économistes conviennent que le PIB est une piètre mesure du bien-être économique ou de la qualité de vie, mais nos gouvernements continuent de l’utiliser comme fondement de leurs principales décisions fiscales et politiques.

L’indice de progrès réel (IPR) est une méthode comptable nouvelle et innovatrice, qui définit le bien-être de façon plus systématique et plus complète. Le taux d’alphabétisation, la santé et la bonne forme physique, les travaux ménagers, le temps passé en famille, l’infrastructure publique, les institutions culturelles, le bénévolat communautaire, la qualité de l’eau et de l’air, les forêts, les terres agricoles, les marécages et l’emploi sont tous mesurés par l’IPR. D’autres pays, menés par la France à la suite d’une étude novatrice des lauréats du prix Nobel d’économie, Joseph Stiglitz et Amartya Sen, travaillent à élargir les indicateurs de prospérité au-delà du PIB. Le Canada doit rattraper son retard.

Les députés verts :

  • Proposeront des projets de loi pour instaurer un indicateur de rendement du gouvernement (IRG), comme l’« indice canadien du bien-être » proposé par l’Institut du mieux-être, pour mieux informer le gouvernement afin qu’il puisse rendre le régime fiscal et le partage des recettes plus équitables entre les différents ordres de gouvernement.

  • Modifieront le système de comptes nationaux pour mesurer l’appauvrissement et l’enrichissement des principales ressources biologiques du Canada comme partie intégrante de la valeur du Canada.

« Depuis trop longtemps, nous avons mis de côté l’excellence dans la communauté et les valeurs communautaires au profit de la pure accumulation de biens matériels….Le (PIB) calcule la pollution de l’air et la publicité sur le tabac, de même que les ambulances pour s’occuper des accidents mortels sur nos autoroutes. Pourtant, le produit national brut ne prend pas en considération la santé de nos enfants, la qualité de leur éducation ou la joie de leurs jeux. Il ne mesure pas non plus notre volonté ou notre courage, notre sagesse ou nos apprentissages, pas plus que notre compassion ou notre dévouement à notre pays. En un mot, il mesure tout sauf ce qui rend la vie digne d’être vécue. »

Sénateur Robert F. Kennedy, 1968