1.12 Lignes de chemin de fer – réhabiliter le rêve national

Les réseaux ferroviaires du Canada sont laissés à l’abandon. Nous sommes le seul pays membre de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) sans stratégie nationale de transport. Tandis que les Européens ont développé des réseaux de transport universels hautement sophistiqués – avec des réseaux de trains rapides voyageurs reliant les centres-villes aux aéroports, des pistes cyclables permettant aux gens de se déplacer à l’intérieur des villes de façon sécuritaire, efficace et non polluante, des tramways dans les centres urbains, et même un service d’autobus et de rail dans certaines régions rurales –, les collectivités canadiennes sont de plus en plus isolées. Sauf Vancouver, qui a une ligne de transport rapide qui relie son centre-ville à son aéroport et qui a été construite pour les Jeux olympiques de 2010, et Toronto et son réseau en construction, aucune ligne de transport rapide ne lie nos centres-villes à nos aéroports, excepté des embouteillages. Même dans le corridor Windsor-Québec, le service ferroviaire passager se fait de plus en plus rare et désuet. Dans la plus grande partie du Canada, des chemins de fer qui transportaient jadis des milliers de gens sont aujourd’hui abandonnés. Edmonton-Calgary, Saskatoon-Regina, Halifax-Sydney : ces itinéraires ont tous été éliminés, et ce, malgré leur rentabilité. Même les voies pour le transport de la marchandise entre Truro et le Cap-Breton sont sur le point d’être abandonnées, ce qui rendrait tout espoir vain pour le rétablissement du service ferroviaire passager.

Sir John A. Macdonald avait compris que, pour être une nation, pour partager un sentiment d’identité et des aspirations communes, le Canada devait se doter de liens de communication, de livraison d’énergie et de transport est-ouest.

Pour « réhabiliter le rêve national », il faudrait aujourd’hui entreprendre la restructuration complète de notre réseau ferroviaire pour les passagers et la marchandise. Pour ce faire, il faudra retirer de la route les conteneurs transportés par camion pour les mettre sur des trains de marchandises, favorisant ainsi le développement de nœuds de distribution de marchandise (pour transférer les conteneurs sur des camions locaux) le long de nouveaux « corridors verts ». Il sera nécessaire d’élaborer un plan exhaustif pour les sables bitumineux de l’Alberta afin que la transformation ait lieu de plus en plus en Alberta. Cela allégera notre réseau de chemin de fer de wagons pleins de bitume prêt à être exporté.

Les modifications apportées à notre réseau ferroviaire comprendront la construction d’un chemin de fer distinct pour les trains de voyageurs. Actuellement, le service de transport de marchandises est propriétaire du chemin de fer et contrôle la signalisation. Les passagers sont ainsi à la merci des marchandises. De nouvelles navettes ferroviaires à grande vitesse réduiront de près de moitié – à environ deux heures et demi – la durée des trajets Toronto-Ottawa et Toronto-Montréal. Avec un service de centre-ville à centre-ville, sans les délais attribuables aux mesures de sécurité des aéroports et à d’autres facteurs, il sera plus rapide et plus facile de prendre le train que de prendre l’avion. La réduction des voyages aériens réduira aussi les émissions de gaz à effet de serre et rendra inutiles les projets d’élargissement des aéroports, comme celui qui menace inutilement l’aéroport de Pickering, près de Toronto. L’amélioration du service ferroviaire permettra de désengorger les routes entre les grandes villes, réduisant ainsi la pollution atmosphérique, l’engorgement du réseau routier et le nombre de victimes d’accidents de la route. L’amélioration du réseau ferroviaire permettra au Canada de mieux soutenir sa concurrence sur les marchés mondiaux et générera des milliers de nouveaux emplois.

Les députés verts réhabiliteront le rêve national du Canada et :

  • Réinvestiront dans nos réseaux ferroviaires nationaux, construiront davantage de voitures de trains voyageurs au Canada, en incorporant, dans la mesure du possible, un réseau à grande vitesse et construiront de nouveaux corridors d’infrastructure écologique pour le transport et l’énergie dans des régions clés.

  • Donneront à VIA Rail un mandat fondé sur une loi, à l’image de la loi américaine qui gère Amtrak.

  • Amélioreront l’infrastructure ferroviaire et les connexions intermodales tout en augmentant la quantité d’investissements fédéraux municipaux dans les projets de rail léger, en plus d’améliorer le service de Via Rail dans l’ensemble du Canada.

  • Collaboreront avec les sociétés ferroviaires afin d’améliorer l’infrastructure ferroviaire et de réhabiliter le service passager Via Rail entre toutes les grandes villes régionales.

  • Réaliseront une initiative de transport ferroviaire encadrée par des mesures de réglementation et des incitatifs fiscaux pour améliorer l’efficacité et la sécurité du parc ferroviaire.

  • Proposeront une réglementation pour un système positif de commande des trains pour passagers et marchandises afin d’assurer un transport plus sécuritaire.

  • Soutiendront l’industrie du transport routier en vue de réduire la pollution par l’ajout de génératrices supplémentaires éliminant ainsi la nécessité de faire tourner le moteur au ralenti, et amélioreront l’efficacité du transport routier au sein d’un réseau de transport universel axé sur le transport par rail.