Première partie : L’économie verte

Les principes d’une économie verte sont pragmatiques. Grâce à l’influence de partis verts un peu partout dans le monde, ces principes fondamentaux ont été testés et fonctionnent.

La vision selon laquelle il n’y a pas de contradiction entre environnement et économie est centrale dans les politiques du Parti vert.

Une économie sensée est une économie résiliente. Une économie sensée est diversifiée, moins vulnérable aux changements internationaux. Une économie sensée enrichit les chaînes de valeurs localisées, ce qui augmente la production de biens et fait travailler un plus grand nombre de Canadiens et de Canadiennes. Selon de nombreuses études, notamment les travaux de Michael E. Porter à Harvard, plus les normes et la réglementation environnementales sont ambitieuses, plus compétitive et productive est l’économie.

La plupart des Canadiennes et des Canadiens jouissent d’une qualité de vie parmi les plus élevées au monde. Nous avons la chance d’avoir des ressources abondantes, une main-d'œuvre qualifiée et instruite, et une culture organisationnelle fortement innovante.

Même si le système bancaire réglementé nous a permis de traverser la crise financière de 2008 beaucoup mieux que de nombreux pays, nos indicateurs économiques sont stables. La situation de l’emploi au pays est relativement stagnante. Et le taux de chômage chez les jeunes - très préoccupant - est le double du taux national.

Nous avons un sérieux problème de manque de productivité. La productivité est une mesure d’innovation et d’investissement en recherche et développement. Nous sommes très en retard par rapport aux États-Unis pour la première fois depuis que la productivité est mesurée.

Depuis les années 1970, notre économie a connu une transition d’exportations de biens transformés (en majorité) à des exportations de ressources brutes non transformées (en majorité). Depuis cette transition, nous avons perdu des emplois dans la transformation de biens « à valeur ajoutée », et sommes devenus moins productifs. La production de ressources brutes est un secteur où les investissements sont bien moins importants en recherche, développement et innovation que dans la fabrication.

À l'époque des conservateurs de Harper, la politique du gouvernement appuyait l'augmentation constante des exportations de matières premières. La valeur ajoutée n'a pas été prise en compte et notre économie a été orientée vers l'exportation de bitume brut. Depuis 2015, les libéraux ont poursuivi cette politique en faveur de l'infrastructure des combustibles fossiles, notamment en subventionnant le pipeline Trans Mountain. Mettre tous nos oeufs dans le panier de bitume n'a jamais été une bonne politique économique. Le bas prix du baril de pétrole rend cette situation plus transparente. Cependant même si les prix du pétrole atteignent des sommets historiques, la menace qui pèse sur la productivité du Canada demeure un réel frein à notre santé économique.

 

« La productivité ce n'est pas tout, mais à long terme c'est presque tout. »

Paul Krugman, prix Nobel d’économie

Les Canadiens sont aussi parmi les citoyens les plus surchargés de travail dans le monde industrialisé. Selon un rapport du Centre canadien de politiques alternatives (CCPA), les 10 % de Canadiens les plus riches sont les seuls à ne pas travailler durant des périodes prolongées. Le rapport conclut que, bien qu'elles soient plus instruites et qu'elles travaillent plus fort, les familles canadiennes " doiveent travailler plus pour garder le cap et la moitié la moins fortunée de la société s'appauvrit ".

Il est essentiel que nous devenions beaucoup plus créatifs en réduisant notre dépendance démesurée au commerce avec les États-Unis et que nous investissions de manière sérieuse dans un programme national énergétique de technologies propres pour que nos prix demeurent concurrentiels et que nous restions à l’abri des sanctions. Enfin, il faut conserver nos ressources naturelles et investir plus dans l’éducation à long terme et le perfectionnement professionnel.

Cette génération pourrait tirer profit de la plus grande occasion d’affaires de tous les temps – la transition vers une économie faible en carbone. Qu’elle soit le résultat des plans de relance mis en branle pour sauver l’économie de la récession, des coûts élevés de l’extraction des ressources énergétiques ou du prix à la baisse du pétrole, de menaces géopolitiques stratégiques au pétrole étranger, de la crise climatique ou d’une combinaison de tous ces facteurs, la nation qui saura mobiliser ses ressources en vue de développer et de commercialiser des technologies à faible utilisation de carbone (combustibles de rechange, sources d’énergie renouvelables, meilleur rendement énergétique, etc.) sera en mesure de survivre et de prospérer.

Le Canada se doit d’être ce pays.