2.2 Adaptation aux changements climatiques au Canada

L'un des engagements ayant force de loi des pays signataires de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (UNFCCC) de 1992 consistait à concevoir des stratégies d'adaptation pour faire face aux dérèglements climatiques qui sont désormais inévitables. Le Canada a ignoré cet engagement, purement et simplement, encore plus que son obligation de réduction des émissions. Plusieurs secteurs requièrent une intervention urgente, dont l'agriculture, la foresterie, la pêche et le tourisme. La protection des zones et des populations vulnérables doit également être entreprise. L'absence d'action gouvernementale pour la réduction des retombées des changements climatiques a déjà coûté plusieurs milliards de dollars à l'économie canadienne.

Le Parti vert considère que le gouvernement fédéral doit prendre l'initiative de développer une stratégie d'adaptation, en collaboration avec les gouvernements des provinces et des territoires et les municipalités, ainsi qu’avec les Premières Nations afin d'atténuer et de réduire les répercussions des changements climatiques. Même avec d’importantes réductions des émissions de GES à l'échelle mondiale et leur impact stabilisateur sur le climat, cela prendra des dizaines, voire des centaines d'années, avant de contrer les changements climatiques.

En 2017, le gouvernement fédéral a affecté environ 80 millions de dollars à un plan d'adaptation pour le Canada.

Nous devons améliorer les infrastructures municipales, notamment les installations de traitement des eaux, pour les préparer à un régime hydrologique irrégulier. Nous assistons déjà à une augmentation de la fréquence des précipitations diluviennes, et les systèmes actuels permettent aux eaux d'égout brutes de s'écouler sans traitement dans ces conditions. Nous devons interdire la construction dans les zones très vulnérables (terrains inondables, régions côtières de basse altitude, pergélisols et tous les lieux proches de forêts à risque d'incendie élevé). Nous devons amplifier les mesures de lutte contre les inondations, comme la construction de levées de terre dans les terrains rendus inondables par les changements climatiques.

Les crises communautaires les plus urgentes se produisent dans l'Arctique canadien, où les peuples du Nord risquent de perdre leur culture de chasseurs et être déplacés à cause de la fonte du pergélisol et de la glace arctique. Entre temps, dans l'Intérieur de la Colombie-Britannique, une forêt deux fois plus grande que le territoire de la Suède a été entièrement décimée par la prolifération de dendroctones du pin pondérosa causée par le dérèglement climatique. Cette épidémie est un désastre économique pour de nombreuses communautés qui dépendent de la forêt. Quatre-vingt pour cent des forêts de cette vaste région sont touchés. Cette situation a créé des conditions idéales pour la saison sans précédent des feux de forêt en 2017.

Nous devons avoir une attention particulière sur les possibilités d’adaptation qu’offre la remise en état de terres humides. Selon Canards Illimités Canada, la Saskatchewan et le Manitoba seulement ont perdu 350 000 hectares de terres humides au cours des 40 à 60 dernières années. La perte de terres humides pourrait avoir amplifié les inondations des 300 dernières années dans les Prairies. Lorsque les étangs sont drainés, leur bassin versant initial local est détourné vers le bassin versant régional dans les rivières et les ruisseaux.

Nous devons absolument agir pour réduire les émissions, et nous devons nous préparer à notre « nouvelle situation normale » dans un climat déréglé. Ces objectifs ne sont pas contradictoires comme le pensent certains. Tous les deux sont nécessaires, et tous les deux doivent être atteints au plus vite.

Les députés verts :

  • Constitueront des groupes de travail composes de toutes les parties prenantes, de représentants de tous les ordres du gouvernement et d’experts scientifiques, qui seront chargés de préparer des stratégies d’adaptation régionales au changement climatique pendant les deux prochaines années. Les premiers groupes de travail seront mis sur pied dans les zones les plus vulnérables aux changements et dérèglements climatiques : l'Arctique canadien, les régions côtières, les Prairies, et l'Intérieur de la Colombie-Britannique.

  • Rétabliront et augmenteront le financement de la planification et des mesures d’adaptation partout au Canada.

  • Créeront un Fonds d'adaptation au changement climatique destiné à assister les zones dévastées par des catastrophes « naturelles » liées aux changements climatiques.

  • Travailleront avec les provinces pour restaurer les écosystèmes riverains. Restaureront les milieux humides cruciaux, surtout s’ils servent à freiner les niveaux d’inondation. Les États-Unis ont investi des milliards en travaux de restauration des zones tampon riveraines alors que nous avons fait très peu. Les programmes fédéraux pourraient être assurés par les organismes gouvernementaux existants, comme l’Administration du rétablissement agricole des Prairies (ARAP) et des ONGE comme Canards Illimités.

  • Travailleront avec les propriétaires terriens (avec incitatifs/allégements fiscaux) pour restaurer ou renoncer aux bassins versants dans les fondrières et milieux humides des Prairies qui reçoivent actuellement la plupart des eaux de fonte des neiges du printemps. Il y a d’excellents modèles dans les programmes provinciaux existants, par exemple le programme d’incitatifs de restauration des milieux humides (Wetland Restoration Incentive Program) entamé en 2008/2009 comme partenariat avec le Manitoba, CIC et la Société protectrice du patrimoine écologique du Manitoba.