Loi sur l'abolition du registre des armes d'épaule (B)

Elizabeth May: Monsieur le Président, je remercie le député d'Edmonton—St. Albert de son intervention. J'en ai même parlé sur Twitter parce que je n'ai jamais entendu un député à la Chambre dire « en tant que libertaire » au début d'une déclaration, ce que j'ai trouvé fascinant.

Ce débat me stupéfait. Quand un député de l'opposition indique que les chefs de police du Canada disent à l'unanimité que le registre des armes d'épaule est utile, et quand tous les députés de l'opposition signalent que le commissaire de la GRC, William Elliott, a envoyé un rapport au gouvernement le 27 août 2010, dans lequel il fait valoir que le registre des armes à feu est un élément indispensable de tout le programme des armes à feu de la GRC et que, par ailleurs, il était efficace et efficient, le gouvernement a l'habitude de répondre que ce sont des inventions de l'opposition et que rien de tout cela ne s'est produit. Pourtant, ces rapports sont bien réels.

Je demanderais au député d'expliquer comment il se fait que et la GRC et l'Association canadienne des chefs de police appuient le registre, mais que les députés ministériels affirment qu'il ne leur est d'aucune utilité.

M. Brent Rathgeber: Monsieur le Président, j'ai eu l'occasion de poser des questions à ce sujet au chef de police Blair lorsqu'il a comparu devant le Comité de la sécurité publique pendant l'examen du projet de loi C-391, un projet de loi d'initiative parlementaire présenté lors de la dernière législature. Je suis convaincu que le chef de police Blair, pour des raisons qui lui sont propres, appuie le registre d'armes d'épaule, mais je dois dire à la députée qu'il ne parle pas au nom de tous les chefs de police du Canada. Il parle certainement au nom de l'Association canadienne des chefs de police, car il en est le président.

La députée sait sans doute ou devrait savoir que, malgré les fortes pressions politiques exercées, bien des chefs de police se sont dissociés de la position de l'association. À titre d'exemple, le chef de police Rick Hanson, de Calgary, ne s'est pas porté à la défense du registre des armes d'épaule comme l'a fait le chef de police Blair. Selon moi, si on demandait leur avis aux chefs de police, dans un monde aux ressources limitées où il faut choisir entre un registre inefficace et l'augmentation des effectifs policiers, ils préconiseraient d'affecter des ressources ailleurs qu'au maintien du registre. Si on le leur demandait directement, ils seraient probablement en faveur du maintien du registre, mais leur réponse serait très différente si on opposait le registre à la possibilité d'avoir d'autres ressources plus efficaces.