Freinons le commerce du bois brut et préservons nos forêts boréales, dit le Parti Vert

OTTAWA – Le Parti Vert demandait aujourd'hui des mesures immédiates pour restreindre l'exportation de bois brut dans le cadre d’une vaste campagne visant à préserver la forêt boréale du Canada aujourd’hui en danger. Le Parti Vert veut que le gouvernement fédéral renégocie les accords commerciaux et introduise une taxe sur les grumes pour décourager l’exportation de bois brut et promouvoir l’industrie manufacturière canadienne. « Nous coupons environ un million d’hectares de forêt par année », déclarait la chef du Parti Vert, Elizabeth May. « Mais nous pourrions faire beaucoup plus avec beaucoup moins si les produits à valeur ajoutée étaient fabriqués chez nous. Nous devons améliorer nos méthodes d’exploitation forestière et extraire une plus grande valeur économique de chaque arbre coupé. Nous devons nous imposer comme chef de file mondial en matière de gestion durable de cette précieuse ressource. » Mme May estime que les Canadiennes et les Canadiens devraient reconnaître la menace grandissante qui guette la région boréale, soulignée cette semaine dans une lettre signée par 1500 scientifiques de plus de 50 pays exhortant le Canada à renforcer la protection du vaste écosystème de la forêt septentrionale. La lettre adressée par les scientifiques souligne entre autre que les forêts absorbent et stockent le dioxyde de carbone, jouant ainsi un rôle essentiel dans la lutte contre le changement climatique. « Nous trouvons inquiétant que les efforts actuels de planification de la conservation ne suffisent pas à préserver l’intégrité écologique de la région boréale du Canada, un des écosystèmes les plus intacts du monde à l’heure actuelle », stipule la lettre. « Notamment, la superficie des terres officiellement protégées dans la région boréale canadienne, aujourd’hui à moins de 10 p. cent, est inadéquate et doit être augmentée de façon significative. » Mme May a déclaré que le gouvernement fédéral devait faire davantage pour protéger les forêts du Canada, dirigeant les efforts pour augmenter la superficie des terres officiellement protégées et contribuant à l’élaboration d’un Indice de santé réelle des forêts pour mesurer l’état des forêts canadiennes à intervalles de 10 ans, en tenant compte des changements de toutes les valeurs forestières, y compris celles qui atténuent de façon directe ou indirecte le changement climatique. « De nombreuses menaces pèsent sur nos forêts », déclarait Mme May. « La coupe abusive, l’exportation de bois brut, les conditions climatiques les plus sévères, y compris les inondations, sécheresses, tempêtes de verglas et tempêtes de vent qui sont à la hausse en raison du changement climatique, et les maladies microbiennes propagées par les ravageurs forestiers exotiques et les parasites naturels comme le dendroctone du pin argenté, que notre climat ne parvient plus à contrôler de façon naturelle. « Il est temps que le gouvernement fédéral prenne des mesures pour protéger cette ressource inestimable contre les menaces qui la guettent. »