Le Parti Vert demande une enquête sur la prise de contrôle frénétique de nos ressources
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11 Mai 2007 - 4:38pm
OTTAWA – Le Parti Vert demande un gel immédiat des prises de contrôle d'entreprises canadiennes exploitant des ressources par des intérêts étrangers, jusqu'à la conclusion d'une enquête exhaustive de la commission d'enquête parlementaire sur les répercussions économiques et politiques d'un niveau élevé de propriété étrangère dans le secteur « stratégique » des ressources non renouvelables du Canada.
« Même avant la dernière frénésie de prise de contrôle, plus du tiers de tous les actifs du secteur non financier étaient sous contrôle étranger », disait la chef du Parti Vert, Elizabeth May. « Quand le premier ministre Harper décidera-t-il de défendre le Canada en disant que trop, c'est trop -- à 50 p. cent, à 65 p. cent d'intérêts canadiens sous contrôle étranger? »
Des hommes d'affaires éminents comme Gordon Nixon, président et directeur général du groupe financier RBC, et Peter Monk, fondateur et président de Barrick Gold, ont également exprimé des préoccupations quant à l'étendue et au rythme des prises de contrôle par des intérêts étrangers au cours des dernières années. La semaine dernière, ils étaient joints par le président et directeur général de Manulife, Dominic D'Alessandro, qui disait ceci : « Nous pourrions tous nous réveiller un jour pour découvrir que, comme pays, nous ne sommes plus maîtres de nos affaires. »
Il y a dix ans, il y avait 40 grandes sociétés pétrolières canadiennes. Les sociétés américaines possèdent aujourd'hui 20 d'entre elles et il ne reste plus que six grandes sociétés pétrolières appartenant à des intérêts canadiens. La situation est encore pire dans le secteur minier où trois des quatre plus grandes sociétés minières sont déjà sous contrôle étranger. Plus des deux tiers des actifs du secteur non financier contrôlés par des intérêts étrangers sont dans les mains de sociétés américaines.
L'indifférence apparente du premier ministre relativement à cette acquisition effrenée de ressources canadiennes stratégiques est paradoxale », affirmait le porte-parole du Parti Vert en matière d'industrie et d'entreprenariat, Eric Walton. Selon lui, cela serait attribuable au programme « continentaliste » suivi en douce par le gouvernement Harper.
« L'harmonisation et l'intégration actuelle de nos pratiques en matière d'économie et de sécurité avec celles des États-Unis sous le régime du soi-disant Partenariat nord-américain pour la sécurité et la prospérité expliqueraient en grande partie pourquoi Stephen Harper ne défend pas le Canada dans ce dossier majeur », affirmait Walton.
« Pourquoi se préoccuper de la propriété américaine si son programme à long terme est l'avancement d'une union nord-américaine sans parlement nord-américain? Pourquoi les citoyens européens ont-ils droit à un référendum à chaque étape d'intégration économique et politique et pas les Canadiennes et les Canadiens? »