Le Canada n’a rien appris de la tragédie de Tchernobyl

 

OTTAWA -- Le dimanche 26 avril marquera le 23e anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl, le pire accident jamais survenu dans une centrale nucléaire. En cette triste journée de 1986, une série d’explosions avait détruit l’unité 4 de la centrale de Tchernobyl, créant un immense nuage radioactif -- 400 fois supérieur à la puissance de la bombe de Hiroshima -- au dessus d’une grande partie de l’Europe, plus particulièrement l’Ukraine, le Bélarus et la Russie.
 

« Bien que le réacteur nucléaire de Tchernobyl employait une technologie autre que celle du CANDU, il ne faut pas oublier qu’aucun modèle de réacteur ne peut exclure la possibilité d’une catastrophe nucléaire. Aujourd’hui, nous remercions toutes les familles canadiennes qui se sont dévouées pour aider les enfants de Tchernobyl en les accueillant chez eux pour leur offrir une pause santé, loin de tous leurs soucis. Avec un regard tourné vers l’avenir, nous devons promouvoir activement une transition vers les sources renouvelables d'énergie verte et mettre fin au spectre de la menace nucléaire », a dit la chef du Parti Vert du Canada Elizabeth May.
 

« Pourquoi prendre un tel risque? Nous avons la technologie et le savoir-faire pour éliminer progressivement tous les réacteurs nucléaires du Canada et continuer à répondre à la demande des Canadiennes et des Canadiens en électricité en plus de maintenir nos exportations vers les États-Unis », a-t-elle ajouté.
 

La catastrophe de Tchernobyl est survenue il y a 23 ans, mais continue d’infliger de la douleur et des souffrances à des milliers de personnes. Les régions contaminées par les retombées radioactives de Tchernobyl sont en proie à une épidémie de cancer de la thyroïde. Un rapport publié en 2006 par l’Organisation mondiale de la Santé fait état de 5000 cas de cancer de la thyroïde diagnostiqués à ce jour chez les enfants et les adolescents âgés au plus de 18 ans au moment de l’accident, et attribue près de 9000 décès en excès au cancer causé par l’irradiation. Seulement pour l’Ukraine, les données officielles parlent de 2,3 millions de personnes « ayant souffert de la catastrophe ».
 

Le gouvernement du Canada n’a rien appris de la tragédie de Tchernobyl. Il continue à donner son appui à Énergie atomique du Canada limitée (EACL), étant même allé jusqu’à limoger la dirigeante de la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN) pour avoir appliqué les règlements de sécurité au lieu de sévir contre EACL pour avoir menti à la CCSN. Par la suite, le gouvernement a minimisé l’importance des fuites de ce réacteur de Chalk River dans la rivière des Outaouais, la source d’eau potable de près d’un million de Canadiennes et de Canadiens.
 

« Ces actions doivent servir d’avertissement. Le gouvernement se préoccupe davantage de soutenir l’industrie nucléaire que de la sécurité des Canadiennes et des Canadiens. L’anniversaire de l’accident de Tchernobyl est l’occasion de dire à nos élus que nous ne voulons pas qu’ils continuent d’investir l’argent des contribuables dans un gâchis comme l’énergie nucléaire », a rappelé Mme May.
 

Les centrales nucléaires du Canada approchent la fin de leur vie utile. Nous devrions saisir cette occasion pour réorienter nos pratiques vers des modes de production d’électricité qui ne posent pas de risques aussi élevés pour la santé humaine et pour l’environnement. Sans oublier que l’énergie nucléaire est la source d’énergie la plus dispendieuse au monde et que de nombreux États européens ont choisi d’investir dans des sources d’énergie renouvelables comme l’énergie éolienne, solaire et hydroélectrique.
 

« Nous devons éliminer progressivement toutes nos centrales nucléaires pour investir dans des sources d’énergie véritablement renouvelables, y compris l’énergie solaire et éolienne, et nous assurer qu’une tragédie comme celle de Tchernobyl ne se reproduise jamais », a ajouté Amy Collard, porte-parole du Parti Vert en matière de ressources naturelles.
 

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