Un dragon dans la cour du Canada?
OTTAWA – La mère de Winona Linn était nageuse de compétition. Tous les jours, elle traversait plusieurs fois à la nage la rivière des Outaouais, tout près de la résidence familiale. Jusqu’à ce qu’elle développe un cancer de la thyroïde à cause des fuites radioactives de la centrale nucléaire de Chalk River qui se trouve en amont de la rivière.
Maintenant, Winona, poète et slameuse pour le Parti vert, exprime toute sa rage envers une industrie hors de contrôle dans sa nouvelle pièce intitulée Los Alamos North or, When Dragons Wake!
Qualifiant la centrale de Chalk River de « dragon endormi », Winona entonne : « Avec un ancien réacteur des milliers de fois plus meurtrier que ce qui est internationalement permis, Chalk River a besoin de se reposer. Mais Stephen Harper ne le laisse pas trouver le sommeil. Et lorsque la Commission de sûreté tente de le prévenir que le dragon n’est pas apprivoisé, il essuie cet avertissement du revers de la main en disant que tout cela n’est que querelles politiques, envoie paître les scientifiques et continue à tirer la queue du dragon. »
« Je ne veux pas que mon Canada soit fluorescent, récite-t-elle, j’aime regarder la rivière Ottawa à travers les pins en sachant que les fantastiques lumières vertes qui illuminent le ciel ne me donneront pas le cancer. »
FAITS
- Dans le cadre du Projet Manhattan, à la centrale de Los Alamos où la bombe atomique a été développée, les scientifiques entrechoquaient des morceaux d’uranium et de plutonium afin de connaître la force nécessaire à atteindre la masse critique. Pour rigoler, ils appelaient cela « chatouiller la queue du dragon ». Une défaillance survenue lors d’une de ces expériences a mené à la mort par irradiation du scientifique Louis Slotin.
- Deux incidents sérieux se sont produits à la centrale de Chalk River dans les années 1950.
- En 2008, une fuite d’eau lourde contaminée au tritium s’est produite dans le réacteur NRU de Chalk River. Une seconde fuite encore plus importante s’est produite en 2009.
- En 2008, Linda Keen, la chef de la Commission canadienne de sûreté nucléaire, a été renvoyée par Gary Lunn, le ministre des Ressources naturelles de l’époque, pour avoir refusé d’autoriser le relancement des réacteurs de Chalk River parce que ceux-ci n’étaient pas équipés de sources d’alimentation de secours en cas d’urgence pour les systèmes de refroidissement dans l’éventualité d’un tremblement de terre. La centrale de Chalk River est assise sur une ligne de faille.
- La catastrophe nucléaire de Fukushima au Japon s’est produite à cause de la destruction des sources d’alimentation de secours en cas d’urgence des systèmes de refroidissement à cause du tremblement de terre et du tsunami.
- Linda Keen a appuyé la candidature d’Elizabeth May.
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