Non au nucléaire en Inde
OTTAWA – Le Parlement du Canada devrait dénoncer le projet du gouvernement Harper, qui prévoit miner le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) en ratifiant un accord civil nucléaire avec l’Inde, a mis en garde le Parti vert du Canada. Une entente particulière conclue au G20 qui pourrait être ratifiée dès le mois de février 2011 permettrait à l’Inde d’accéder à la technologie et au combustible nucléaire du Canada. « Cette entente n’oblige pas l’Inde à signer le TNP, et ce, malgré de nombreuses infractions commises par le passé où l’Inde s’est servie des réacteurs de ses centrales nucléaires civiles pour produire des bombes. Au vu de ces incidents, pourquoi ne pas exiger au minimum que l’Inde adhère au TNP? Au lieu de cela, le Canada mine l’objectif du désarmement nucléaire mondial en acceptant de partager sa technologie nucléaire avec l’Inde », a dénoncé la chef des verts Elizabeth May.
Seuls quatre pays dotés de l’arme nucléaire ne font pas signataires du TNP – l’Inde, le Pakistan, Israël et la Corée du Nord.
Au début des années 1970, un réacteur de recherche à eau lourde construit par le Canada en Inde pour produire de l’énergie nucléaire fut employé à des fins militaires et permit à l’Inde de faire exploser sa première bombe nucléaire. La nouvelle capacité nucléaire de l’Inde a conduit le Pakistan à développer son propre programme d’armes nucléaires pour faire contrepoids à la menace perçue.
« Le rôle du Canada dans une éventuelle course aux armements nucléaires risquerait d’enflamer les conflits en cours au Pakistan et en Afghanistan, menaçant du même coup tout le progrès accompli grâce aux efforts des troupes canadiennes. La politique canadienne qui consiste à vendre sa technologie nucléaire sans obtenir au préalable les garanties adéquates, même à des dictatures et aujourd’hui à un pays dont le programme d’armes nucléaires n’est plus un secret pour personne, est indéfendable », a dit Jacqueline Romanow, porte-parole des verts en matière de Commerce international.
Le Parti vert demande au Parlement du Canada de revenir à sa politique antérieure et de refuser d’exporter de l'uranium et des technologies nucléaires aux pays dotés d’un programme d’armes nucléaires. Cela est particulièrement important étant donné que les réacteurs à eau lourde du Canada sont les seuls réacteurs nucléaires offerts sur le marché capables de produire à la fois le tritium et le plutonium requis pour la production d’armes nucléaires et que, par conséquent, ils présentent un risque accru de favoriser la prolifération des armes nucléaires.
« Une des raisons pour lesquelles l’énergie nucléaire est aussi dangereuse est qu’elle est indissociable de la prolifération nucléaire. De surcroît, il a été amplement démontré que l’énergie nucléaire n’est ni rentable, ni fiable. Les réacteurs coûtent des milliards à construire et à entretenir. Le Parti vert continue de réclamer l’élimination rapide de l’énergie nucléaire et un moratoire sur l’exploitation et le raffinage de l’uranium au Canada », a ajouté May.
« Nous devons éviter de perdre de vue l’objectif ultime qui est le désarmement nucléaire mondial », a dit May. « Au moment où la déstabilisation climatique provoque des ravages un peu partout sur la planète, il sera encore plus crucial de sauvegarder la paix.
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Renseignements :
Debra Eindiguer
Attachée de presse
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