L’approbation automatique du transport nucléaire est inacceptable

OTTAWA – L’acheminement prévu de déchets radioactifs en passant par les Grands Lacs et le fleuve Saint-Laurent équivaut à de la négligence à l’égard d’une ressource commune, les Grands Lacs et la Voie maritime du Saint-Laurent. En effet, Bruce Power a demandé l’autorisation de la Commission canadienne de sûreté nucléaire d’expédier 1760 tonnes de métal radioactif du lac Huron à destination de la Suède. La décision est désormais entre les mains de la Division des autorisations de transport et du soutien stratégique de la Commission, qui ne prévoit pas tenir de consultations publiques.

« C’est un projet extrêmement risqué », a dénoncé la porte-parole des verts en matière d’Énergie et de Ressources naturelles, Cathy MacLellan. « Aucune étude d’impact environnemental n’a été réalisée pour ce projet sans précédent. Aucune consultation publique n’a eu lieu. L’absence de transparence est choquante dans ce dossier. »

Dans l’édition du Toronto Star du 11 juillet, Bruce Power déclarait [traduction] : « Il s’agit d’un scénario très peu probable, mais si les bateaux venaient à couler et que les générateurs étaient transpercés, l’intensité du rayonnement, déjà très faible, serait diluée davantage par l’immense volume d’eau, à un point tel où elle deviendrait impossible à mesurer. »

« Le ton blasé de Bruce Power n’est pas bien différent des assurances laconiques fournies par BP sur les possibilités d’un déversement de pétrole à leur plateforme de forage en mer. Des questions au sujet de la sécurité des travailleurs à la centrale nucléaire Bruce avaient été soulevées récemment et le grand public n’a aucune raison d’accepter d’emblée ce projet; il nous manque encore beaucoup trop d’information », a ajouté MacLellan.

Bruce Power doit obtenir une autorisation pour expédier sa cargaison en raison de son importance et de l’intensité de son rayonnement. Pour ces mêmes raisons, le public devrait être largement consulté et informé au sujet des activités de Bruce Power. Sans compter que Bruce Power a déjà affirmé qu’il n’assumerait aucune responsabilité en cas d’accident pendant l’acheminement de sa cargaison de matériel radioactif, affirmant que son récipiendaire suédois serait responsable de tout nettoyage éventuel.

« L’absence de technologies qui permettraient de recycler nos propres déchets nucléaires est une autre bonne raison de cesser de construire de nouvelles centrales nucléaires », a rappelé Elizabeth May, Chef du Parti vert du Canada. « Il ne fait aucun doute que le risque posé à nos voies navigables par le transport de matériel radioactif est une question qui mérite d’être examinée à la loupe par le grand public. »

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