Planification familiale : la clé de la santé maternelle et infantile
OTTAWA – Le premier ministre Stephen Harper a promis de défendre la santé maternelle et infantile lors du prochain sommet du G8 qui aura lieu au mois de juin à Huntsville, en Ontario. Cependant, cette promesse contenait également le refus absolu d’inclure la planification familiale comme facteur dans la santé des femmes et des enfants dans les pays en développement. Aujourd’hui, M. Harper a changé d’avis, mais quelles garanties donne-t-il aux Canadiennes et aux Canadiens qu’il ne fera pas volte-face une fois rendu là-bas?
À ce jour, le premier ministre a accordé son attention aux vaccins, à l’eau potable et à la nutrition. Bien que ces aspects soient au cœur de la santé maternelle et infantile, l’accès à la contraception est un aspect tout aussi déterminant. « En moyenne, 1,5 million de décès par année sont attribuables à l’absence de moyens de contraception », a déploré la Dre Georgina Wilcock, porte-parole des verts en matière de Santé. « Encore une fois, le gouvernement Harper rejette la science. »
De récentes études réalisées par le Guttmacher Institute et le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) ont révélé que 70 % des décès puerpéraux et la moitié des décès néonataux dans les pays en développement pourraient être prévenus en doublant simplement les investissements dans la planification familiale et les soins de santé aux mères et aux nouveau-nés (http://www.guttmacher.org/pubs/addingitup.pdf [en anglais seulement]). Lors du Sommet du G8 qui s’est déroulé l’an dernier en Italie, les nations s’étaient engagées à améliorer la planification familiale.
« Les femmes doivent avoir la possibilité de retarder une grossesse, d’espacer les naissances et de restreindre la taille de leur famille. Ce sont des choix que nous avons dans les pays développés, et nous devons à présent unir nos efforts pour permettre aux pays en développement de faire ces mêmes choix, sans compter que le besoin est criant », a ajouté Wilcock.
Action Canada pour la population et le développement (ACPD) rapporte que 215 millions de femmes souhaiteraient retarder ou éviter une grossesse, mais n’ont pas accès à la contraception moderne.
« Au moment où la crise environnementale prend de l’ampleur, et n'oublions pas que les impacts se feront sentir encore davantage dans les pays les plus pauvres, la planification familiale prend tout son sens dans le combat pour stabiliser la population mondiale », a fait valoir la chef des verts Elizabeth May.
À défaut de stabiliser et de réduire la population mondiale dans un délai raisonnable, nous assisterons inévitablement à la réduction de la population par le biais d’une augmentation des décès alors que la capacité de charge de la Terre sera non seulement outrepassée, mais réduite en raison de la surconsommation des ressources et de la destruction du capital biologique, ce qui entraînera inévitablement la pauvreté, la faim, la maladie, une grande misère humaine et possiblement de graves perturbations sociales.
« D’abord, notre gouvernement affirme qu’il ne travaillera jamais en vue d’améliorer l’accès à la contraception, et maintenant il affirme vouloir le faire. Ces messages contradictoires nuisent à l’effort concerté à l’approche du sommet du G8 », a dénoncé Mme May. « Nous espérons que les conservateurs porteront un intérêt réel à cette préoccupation de première importance. »
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