Biographie

Elizabeth May est environnementaliste, auteure, militante et avocate. Elle s'intéresse au mouvement environnemental dès les années 1970. Elle est d'abord connue dans les médias canadiens au milieu des années 1970 en prenant la tête d'un groupe luttant contre l'épandage aérien d'insecticide envisagé pour les forêts près de sa résidence située sur l'île du cap Breton, en Nouvelle Écosse. Grâce à ce mouvement, les forêts de Nouvelle Écosse n'ont jamais eu à subir l'épandage d'insecticide. Quelques années plus tard, Elizabeth et un groupe de résidents sont allés devant les tribunaux pour empêcher la pulvérisation d'herbicide. L'obtention d'une injonction provisoire en 1982 permit de suspendre le programme de pulvérisation, mais deux ans plus tard, la cause fut finalement perdue. Dans ce litige, sa famille a sacrifié sa maison et 70 acres de terre suite à une décision judiciaire en faveur de la Scott Paper. Toutefois, lorsque le juge statua que les produits chimiques étaient sans danger, l'exportation d'acide trichlorophénoxyacétique (2,4,5 T) des États Unis avait été interdite. Les forêts de Nouvelle Écosse furent donc épargnées, devenant les seuls endroits au Canada à ne pas subir la pulvérisation d'agent Orange.

Mme May a œuvré comme bénévole, notamment en étant l'instigatrice de nombreuses campagnes réussies visant à bloquer les projets d'extraction minière de l'uranium en Nouvelle Écosse, en plus d'être connue pour ses travaux exhaustifs sur les questions liées à la politique de l'énergie, principalement à l'encontre de l'énergie nucléaire.

Elizabeth May est diplômée de la Dalhousie Law School et a été reçue au Barreau de la Nouvelle Écosse et de l'Ontario. Elle a occupé le poste de codirectrice du contentieux au Centre pour la défense de l'intérêt public, représentant des groupes de consommateurs, de lutte contre la pauvreté et d'environnementalistes.

En 1986, elle est nommée conseillère principale en politiques auprès du ministre fédéral de l'Environnement de l'époque, Tom McMillan. À ce poste, elle joue un rôle de premier plan dans la création de nombreux parcs nationaux, notamment celui du sud de l'île Moresby, et à l'élaboration de nouvelles lois et de mesures contre la pollution. Elle participe aux négociations du Protocole de Montréal visant à protéger la couche d'ozone. En 1988, elle démissionne par principe lorsque le ministre accorde une série de permis pour le projet de barrages Rafferty-Alameda, en Saskatchewan, dans le cadre d'un échange politique sans évaluation environnementale préalable. Les permis furent ultérieurement annulés par une décision de la Cour fédérale du Canada stipulant qu'ils avaient été délivrés illégalement.

Mme May est également l'auteure de sept ouvrages – Budworm Battles (1982), Paradise Won: The Struggle to Save South Moresby (1990), At the Cutting Edge: The Crisis in Canada’s Forests (Key Porter Books, 1998, ainsi qu'une importante réédition en 2004), rédigé en collaboration avec Maude Barlow, Frederick Street: Life and Death on Canada’s Love Canal (Harper Collins, 2000), How to Save the World in Your Spare Time (Key Porter Books, 2006), Global Warming for Dummies (John Wiley & Sons Canada, 2008) et plus récemment, Losing Confidence: Power, Politics and the Crisis in Canadian Democracy (MacLelland & Stewart, 2009). Frederick Street jette un regard sur les étangs bitumineux de Sydney et les menaces pour la santé des enfants de la collectivité – la question qui la pousse, en mai 2001, à entamer à la Colline du Parlement une grève de la faim qui, après 17 jours, conduit le gouvernement à promettre de reloger les familles à risque vivant à proximité des étangs bitumeux à Sydney.

Mme May s'engage à divers titres auprès de nombreux groupes environnementaux et organismes consultatifs chargés de faire des recommandations aux universités et aux gouvernements canadiens. Parmi ces organismes, mentionnons l'Institut international du développement durable et la Table ronde nationale sur l'environnement et l'économie à titre de vice-présidente. Aujourd’hui, elle est commissaire de l’initiative de la Charte internationale de la Terre coprésidée par Maurice Strong et Mikhail Gorbatchev.

Elizabeth May a reçu de nombreux prix et distinctions, notamment le Prix pour réalisations exceptionnelles décerné par le Sierra Club du Canada (1989), le Prix international pour la conservation remis par Friends of Nature et le prix du Palmarès mondial des 500 des Nations Unies (1990). De même, en 1996, elle a reçu de l'organisme Ontario Society for Environmental Education le prix pour leadership exceptionnel en matière d'éducation environnementale. En 1998, la Chaire Elizabeth May a été créée en son honneur au département des études sur la santé des femmes et l'environnement de l'Université Dalhousie. Elle est titulaire de doctorats honorifiques de l'Université Mount Saint Vincent, de l’Université Mount Allison et de l'Université du Nouveau-Brunswick. Elle est également lauréate, en 2002, du prestigieux prix Harkin décerné par la Société pour la nature et les parcs du Canada (SNAP). En 2006, Mme May s'est vue décerner le Prix Couchiching en reconnaissance de ses réalisations en politique publique. Son œuvre dans le domaine environnemental a d'ailleurs été présentée dans de nombreux documentaires, y compris dans le dernier épisode de la série primée « Canada: A People’s History » présentée sur les ondes de CBC/Radio-Canada.

En mars 2006, Elizabeth May démissionne de son poste de directrice exécutive du Sierra Club du Canada, un poste qu'elle occupait depuis 1989, pour se présenter à la direction du Parti vert du Canada. Au Congrès national du Parti vert du Canada du 26 août 2006, Elizabeth May est désignée par les membres du Parti pour être leur nouveau chef avec une écrasante majorité.

Depuis son élection à la tête du Parti vert, Elizabeth a mené le Parti à des sommets de popularité sans précédent. En novembre 2006, elle a terminé en seconde place lors de l’élection partielle de London Centre Nord avec 26 pour cent du scrutin! En mars 2007, Elizabeth a annoncé sa candidature dans la circonscription de Nova Centre. En octobre 2008, elle est arrivée deuxième dans Nova-Centre lors de l’élection fédérale de 2008, récoltant 32 % des suffrages, un résultat plus qu’impressionnant – il s’agit du meilleur résultat obtenu à ce jour par une candidate ou un candidat du Parti vert du Canada dans le cadre d’une élection fédérale.

Elizabeth May est nommée Officier de l’Ordre du Canada en novembre 2005. En novembre 2010, le magazine Newsweek la classait parmi les femmes les plus influentes dans le monde. Elle est mère et grand-mère. Elizabeth réside aujourd’hui à Sidney, en Colombie-Britanique.

Aux élections fédérales de 2011, Elizabeth est passée à l'histoire en devenant la première candidate du Parti vert élue à la Chambre des communes. Elle représente les électeurs de la circonscription de Saanich— Gulf Islands.

En 2012, ses collègues de la Chambre des Communes l'ont élue Parlementaire de l'année.